Les lampes usagées représentent 80% des DEEE (Déchet d'Equipement Electrique et Electronique) en nombre d'unités, mais seulement 1 % de leur poids. “Consommables" utilisés partout et par tous, elles nécessitent des réseaux de collecte mixtes “professionnels/particuliers". Fragiles et ne devant pas être brisées avant leur traitement, elles exigent des précautions de manipulation et de transport.
Ainsi, les lampes usagées présentent de telles particularités au regard des autres DEEE que, depuis le 15 novembre 2006, elles ont leur propre filière d'élimination, orchestrée par l'éco-organisme Récylum.
Que dit la loi ? Quelles lampes sont concernées ? Quel est leur impact sur l'environnement ? Que deviennent-elles en fin de vie ? Comment est organisée la filière ? Comment faire recycler ses lampes usagées ?
D'après le décret n° 2005-829 du 20 juillet 2005, dit décret DEEE, les producteurs d'équipements électriques et électroniques (EEE) sont responsables de l'enlèvement et du traitement des déchets issus de ces équipements. Les producteurs sont les metteurs sur le marché.
Le décret impose également aux distributeurs (toute personne qui fournit à titre commercial des EEE à celui qui va les utiliser) la reprise gratuite des équipements usagés de leurs clients lors de l'achat d'équipements neufs (principe du "1 pour 1").
La très grande majorité des lampes étant identiques par nature, elles sont toutes considérées comme des DEEE ménagers quel que soit le type de lampe et d'utilisateur (arrêté du 13 juillet 2006).
Les lampes concernées sont toutes les sources lumineuses à l'exception des ampoules à filament. Il s'agit principalement des lampes à décharge : tubes fluorescents, dits "néons", lampes fluocompactes, dites "basse consommation", lampes sodium basse et haute pression, lampes à vapeur de mercure, lampes à iodures métalliques, dites à halogénures métalliques, lampes techniques (génération d'UV, vidéoprojection…), ainsi que les lampes à LEDs.
Le symbole "poubelle barrée" figurant obligatoirement depuis le 13 août 2005 sur la lampe signifie qu'elle ne doit pas être jetée avec les ordures ménagères.
On peut donc jeter à la poubelle "classique" - et surtout pas avec le verre - toutes les ampoules à filament (à incandescence, halogène et linolite).
Les lampes à décharge sont écologiques et économiques à l'usage. Elles consomment jusqu'à 5 fois moins d'électricité que les ampoules à incandescence et durent 10 fois plus longtemps. Le bénéfice environnemental n'est total que si les lampes sont recyclées. 93% du poids de leurs composants sont aujourd'hui recyclables.
Le recyclage des lampes permet ainsi de :
Né en mai 2005 de la volonté de 4 fabricants de lampes (General Electric, Osram, Philips, Sylvania), Récylum compte 404 adhérents au 27 septembre 2007, représentant plus de 92 millions de lampes mises sur le marché français en 2006.
C'est Récylum qui assure, pour le compte de ses producteurs adhérents, l'enlèvement et le recyclage des lampes collectées sélectivement sur tout le territoire national (DOM compris). La liste des adhérents Récylum est en ligne sur le site Internet. Récylum est également chargé de tisser le réseau de points de collecte sur tout le territoire. Enfin, Récylum a pour mission de diffuser aux utilisateurs une information objective et cohérente de nature à faire évoluer les comportements en matière de tri des lampes.
En l'absence d'un cadre juridique spécifiquement adapté aux éco-organismes, Récylum est une société anonyme (SAS) mais sans but lucratif. Récylum est soumis à l'agrément et au contrôle des Pouvoirs Publics (ministres chargés de l'écologie, de l'industrie et des collectivités locales) auxquels il doit rendre régulièrement compte de son activité. L'agrément a été donné le 9 août 2006 pour une durée de 3 ans renouvelable.
L'Eco-contribution, fixée à 0,25 € ht (0,30 € TTC) pour les lampes, n'est pas une taxe, mais la contribution de l'acheteur d'un EEE neuf au financement de son élimination en application du principe du "pollueur payeur".
Cet Eco-contribution, qui doit être répercutée en toute transparence et de façon visible jusqu'à l'utilisateur, est intégralement reversée à Récylum par les producteurs.
Elle permet de financer la fourniture de conteneurs, l'enlèvement, le transport et le recyclage des lampes, ainsi que la communication et les moyens humains et techniques nécessaires au bon contrôle de la filière.
Son montant sera révisé en fonction de l'évolution des coûts de fonctionnement de la filière.
La directive DEEE impose de porter, le plus rapidement possible, le taux de collecte des DEEE à 4 kg/an/habitant, soit environ 30 % du gisement. Alors que le taux de collecte des lampes en France approchait en 2006 les 20 % grâce à l'action de nombreuses entreprises et collectivités locales, Récylum a l'ambition de porter ce taux à 50 %, voire 70 % d'ici 2011.
La filière développée par Récylum en partenariat avec tous les acteurs concernés, doit satisfaire 4 objectifs prioritaires : un bilan écologique global réellement positif, une efficacité économique maximale ainsi que la transparence de la filière et la traçabilité des flux collectés.
Ménage, petit commerçant, TPE, industriel, société de services, installateur, artisan, collectivité locale, distributeur… : particulier ou professionnel, tout le monde détient des lampes et doit s'en défaire dans des conditions respectueuses de l'environnement. Récylum propose trois solutions selon les quantités de lampes détenues.
Dans le cas d'une collecte régulière de lampes usagées, il est possible de devenir Point de collecte - ouvert ou non au public selon son statut - et de bénéficier gratuitement du service de Récylum (sous certaines conditions de volume). Ce service inclut :
Ce service concerne :
Pour en savoir plus sur Récylum, ses adhérents, ses partenaires, la filière, la réglementation…
Hervé Grimaud, directeur général de Récylum