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Déchets

Déchets alimentaires en baisse au Royaume-Uni

Selon un rapport britannique, les déchets alimentaires des ménages se sont réduits au cours des trois dernières années, ce qui a allégé le poids des déchets envoyés dans les décharges.

Voici un signe positif venu d’outre-Manche. La production des déchets alimentaires a en effet enregistré une baisse significative de 13% en seulement trois ans (2006/2009) tandis que sur la même période, l’ensemble des déchets ménagers n’a chuté que de 8%.

Ces statistiques (1) ont été diffusées lors de la conférence annuelle de Working together for a world without waste (Wrap), un organisme britannique à but non lucratif, dédié à la réduction des déchets, de l’exploitation des ressources, et au développement de produits durables.

Le docteur Liz Goodwin, directrice de Wrap, a salué la nouvelle, en précisant que les déchets alimentaires produits outre-Manche totalisaient désormais 7,2 millions de tonnes par an.

La baisse de la production britannique a ainsi permis de détourner des centres d’enfouissement environ 11 Mt de déchets au cours des trois dernières années, ce qui représente une économie de 3,6 Mt d’équivalent CO2 par an.

Cette réduction semble être due au changement de comportement des Anglais. Selon un sondage publié en 2011 par la Food and drink federation (2), 50% d’entre eux affirment jeter «beaucoup moins» ou «un peu moins» d’aliments qu’avant. 43% disent en jeter autant et 4% un peu plus. Le gaspillage alimentaire reste l’une des priorités du Wrap. En 2010, ils n’étaient que 33% à déclarer que leurs déchets baissaient. Preuve que l’Angleterre consomme moins (JDLE).

Parmi les autres facteurs, le Wrap note que l’indice des prix de la nourriture et des boissons a largement augmenté depuis 2007.
La lutte contre le gaspillage alimentaire reste l’une des priorités de l’organisme britannique. Et beaucoup reste encore à faire. «La nourriture gaspillée dans les foyers représente environ 12 milliards de livres par an (environ 14 milliards d’euros). Ce gaspillage est significatif à une époque où la sécurité alimentaire représente un problème mondial majeur», affirme-t-elle.


(1) http://www.wrap.org.uk/downloads/New_estimates_for_household_food_and_drink_waste_in_the_UK_FINAL_v2.167da6ae.11460.pdf
(2) http://www.fdf.org.uk/news.aspx?article=5518&newsindexpage=1#

Auteur : Stéphanie Senet - Journal de l'Environnement

Déchets d’amiante: la France promet d’agir

Suite au rappel à l’ordre de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), le ministère de l’écologie a affirmé le 2 décembre qu’il allait adapter sa réglementation concernant le traitement des déchets d’amiante.

En orientant les déchets de construction amiantés vers les installations de stockage de déchets inertes, la France ne respecte pas la législation européenne, a en effet jugé la CJUE dans un arrêt du 1er décembre (JDLE).

Cet arrêt est intervenu dans le cadre d’un contentieux engagé par la Commission européenne à l’encontre de la France en décembre 2006 pour non-respect de la directive du 26 avril 1999 sur la mise en décharge des déchets.

En réaction, le ministère de l’écologie a affirmé, dans un communiqué du 2 décembre, qu’un arrêté ministériel allait être publié au Journal officiel dans les semaines à venir, afin de modifier le fonctionnement des installations de stockage de déchets inertes. Les déchets contenant de l’amiante y seront interdits. Selon le ministère, «ils seront désormais obligatoirement stockés dans des installations classées, soumises à l’arrêté ministériel du 9 septembre 1997 modifié».

Selon la réglementation à venir, les procédures administratives liées à ces installations seraient renforcées, notamment par la constitution de garanties financières (en cas de défaillance), par des contrôles plus fréquents, et par une obligation d’enquête publique lors de leur création ou de leur modification notoire.

France Nature Environnement (FNE) a salué la décision de la CJUE et a rappelé que la France avait perdu beaucoup de temps. «L’Etat français aura attendu la condamnation par la Cour de justice européenne malgré les multiples interpellations de la société civile, laissant perdurer une situation préjudiciable à l’environnement pendant une dizaine d’années», a réagi Pénélope Vincent-Sweet, pilote du réseau Déchets.

En 2009, la France comptait 248 installations de stockage de déchets inertes et 13 installations de déchets non dangereux qui ont reçu plus de 360.000 tonnes de déchets amiantés.

Auteur : Stéphanie Senet - Journal de l'Environnement

Dasri: le cahier des charges de l’éco-organisme en consultation

La mise en place de la nouvelle filière à responsabilité élargie du producteur (REP) pour les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri), prévue au 1er novembre 2011, avance avec retard.

Le dispositif, prévu par l’engagement 249 du Grenelle de l’environnement, a été en effet encadré par deux décrets entrés en vigueur au 1er novembre 2011.

Le premier, du 22 octobre 2010, prévoit que les metteurs sur le marché de médicaments et de dispositifs médicaux fournissent aux pharmacies des collecteurs destinés aux déchets perforants des patients en auto-traitement.

Le second, du 28 juin 2011, organise la collecte, l’enlèvement et le traitement de ces déchets spécifiques.

Nouvelle étape: le ministère de l’écologie a mis en consultation publique, jusqu’au 21 décembre, le projet d’arrêté portant en annexe le cahier des charges du futur éco-organisme (1). La durée de l’agrément est notamment prévue pour 6 ans. Le texte fixe par ailleurs l’objectif de 60% de collecte séparée des Dasri au terme du premier agrément. Le réseau vise un minimum de 5.000 points de collecte sur le territoire (un point de collecte pour 50.000 habitants et tous les 15 kilomètres).

Les coûts de la gestion de ces déchets doivent en effet être pris en charge par les producteurs de médicaments et de dispositifs médicaux (y compris de diagnostics in vitro) conduisant à la production de déchets perforants pour les patients en auto-traitement.

(1) http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=25236

Auteur : Stéphanie Senet - Journal de l'Environnement

SANTE DECHETS

Les batteries américaines plombent la santé mexicaine

De plus en plus de batteries américaines usagées sont envoyées au Mexique. Mais leur traitement expose dangereusement les ouvriers et les riverains, comme le révèle un article du New York Times.

Au nord du Rio Grande, de nombreuses entreprises ont pris l’habitude d’envoyer leurs batteries usagées au Mexique afin de réduire le coût du recyclage et de contourner la législation de plus en plus contraignante de l’agence de protection de l’environnement (EPA).

L’enquête publiée le 8 décembre dans le quotidien new-yorkais montre l’impact environnemental de ce phénomène (1), en prenant l’exemple de l’usine Mondelo située à 50 kilomètres au nord-ouest de la capitale mexicaine. De nombreuses batteries made in USA y arrivent par des canaux plus ou moins officiels. Les ouvriers en extraient le plomb, dont la demande mondiale a décuplé au cours des 10 dernières années.

Ce cas est loin d’être isolé. Environ 20 millions de ces batteries traversent chaque année la frontière selon les statistiques commerciales des USA. Cela représente près de 20% des batteries américaines, et signe une tendance qui risque d’augmenter dans les années à venir.

Chaque batterie peut contenir jusqu’à 18 kilogrammes de plomb. En forte quantité, ce métal toxique peut causer chez l’adulte de l’hypertension artérielle, des problèmes rénaux et des douleurs abdominales. Chez les enfants, on note des retards de croissance à cause de l’impact du plomb sur le développement neurologique.

Les ouvriers de Mondelo y sont exposés à longueur de journée, sous différentes formes. L’ouverture de chaque batterie provoque l’émission de poussières de plomb, tout comme la fusion du métal lourd. En dépit du risque sanitaire potentiel, aucune protection particulière n’a été mise en place. Les ouvriers n’ont le plus souvent qu’un marteau pour le démantèlement, et les fumées dégagées lors de la fonte ne sont pas filtrées. Conséquence: elles se propagent directement à l’extérieur, dans les cours d’école voisines ou les jardins.

«Le risque d’exposition au plomb est élevé pour les enfants de l’école qui se trouve dans le quartier de l’usine», alerte Marisa Jacott, la directrice du groupe environnemental mexicain Fronteras Comunes (2). Un échantillon prélevé dans la cour d’école par les journalistes américains a révélé un taux de plomb de 2.000 parties pour millions (ppm), soit 5 fois plus que le seuil autorisé par l’EPA dans les aires de jeux américaines. Aux Etats-Unis, une telle pollution aurait donc déclenché des mesures d’urgence comme la couverture du sol contaminé par du béton ou sa dépollution.

Si les batteries fuient le sol américain, c’est parce que la législation s’est durcie. Les entreprises de recyclage évaluent aujourd’hui à 20 millions de dollars (14,94 millions d’euros) le coût de la mise en conformité de leurs installations (épuration stricte des fumées, dispositifs de surveillance autour des usines). L’entreprise Johnson Controls, en particulier, a envoyé des centaines de milliers de batteries usagées dans son usine mexicaine l’an dernier, selon EPA. Le géant américain du recyclage se justifie en expliquant que ses standards sont plus stricts que les normes en vigueur au Mexique. Certains de ses concurrents ne sont pas de cet avis. Exploitant 5 unités de traitement aux Etats-Unis, Exide se refuse à délocaliser ses activités au Mexique.

Depuis l’an dernier, EPA exige que les entreprises américaines déclarent les exportations de ces déchets, considérés comme dangereux. Seulement 3 entreprises sur 10 auraient effectivement rempli leur déclaration. Au Mexique, on est prêt à tout pour travailler. Selon une récente enquête gouvernementale, 19 usines sur 20 ne seraient pas autorisées à importer ces déchets dangereux.

En attendant, à l’usine mexicaine de Mondelo, lorsque les taux d’exposition sont trop élevés, les ouvriers reçoivent des analgésiques et sont renvoyés chez eux pendant quelques jours.


(1) http://www.nytimes.com/2011/12/09/science/earth/recycled-battery-lead-puts-mexicans-in-danger.html?ref=science
(2) http://www.fronterascomunes.org.mx/

Auteur : Stéphanie Senet - Journal de l'Environnement